Diagnostic des coliques

 

Lorsqu’un cheval est présenté à la consultation pour coliques, le vétérinaire cherchera à établir un diagnostic qui vise :

roulade-cheval

  • A différencier les coliques de toutes autres affections où le cheval semble avoir mal au ventre ;
  • A distinguer des coliques médicales des coliques chirurgicales ;
  • Enfin, essayer de localiser le siège original des coliques.

Pour se faire, il se basera sur l’anamnèse, puis sur l’examen clinique et enfin, sur la réalisation des examens complémentaires. Nous allons développer ces trois points successivement.

Anamnèse et examen préliminaire :

Facteurs prédisposants :

La race du cheval peut amener à suspecter telle une telle cause de coliques : par exemple, les Hanovriens sont disposés à l’entrappement néphro-splénique.

L’age du cheval peut orienter l’examen clinique ; un poulain nouveau né pourra présenter une rétention de méconium, cas peu fréquent dans le cheptel équin militaire. Un cheval âgé, au contraire, peut présenter des coliques suite à un lipome abdominal.

Le sexe du cheval permet d’orienter, chez le mal, vers une hernie inguinale étranglée ou non, ou vers une torsion testiculaire. Chez la femelle gestante, une torsion utérine peut se manifester par des coliques très violentes.

Etat général : surface du corps et présence ou non des escarres

Circonférence abdominale :

  • Distension symétrique : météorisation de l’IG
  • Distension du flanc droit : météorisation du caecum
  • Distension du flanc gauche : déplacement du caecum à gauche (Accrochement nephro-splénique)

Historique : général, récent et celui relatif à l’épisode de colique

Le praticien devra prendre connaissance de l’évolution des signes de colique au début, durée de l’évolution, évolution stable ou avec des accès… , Il devra également se renseigner sur l’administration préalable de traitement, comme c’est souvent le cas dans les sections équestres militaires. En effet, de telle traitement peut masquer certains symptômes ou les atténuer. Enfin, le praticien s’intéressera à la date et l’aspect du dernier crottin, celui-ci pouvant révéler soit un ralentissement de transit ou une accélération en cas de diarrhée par exemple. Suite à cette anamnèse, le vétérinaire procédera à l’examen clinique.

Évaluation clinique :

Selon la règle de 6 P américains, le vétérinaire examinera :

La douleur (pain), Le pouls (pulse), Le temps de remplissage capillaire (perfusion), Le péristaltisme intestinal (peristaltism), La cavité abdominale par palpation transrectale (palpate) Et la présence d’un reflux gastrique (pas a tube).

La douleur :Chez le cheval, la douleur se manifeste par des signes stéréotypes qui permettent d’évaluer son intensité. Ainsi le cheval ayant mal gratte le sol, se regarde le flanc, se couche puis se relève, se campe en position pour d’uriner, faire le signe de Flemen, voir même se jeter entre les murs ou par terre quand il est au box. Lorsque la douleur est extrême, le cheval peut se coucher dans un état de dépression qui peut fausser l’évaluation du pronostic.

 Le pouls et Le temps de remplissage capillaire : Le pouls, pris au niveau de l’artère faciale dans l’incisure mandibulaire, permettra l’évaluation de la fréquence cardiaque et sa tonicité. Une fréquence de 40 à 50 bpm reste une valeur normale chez un cheval en colique.

Le temps de remplissage capillaire et l’aspect des muqueuses notamment gingivales sont d’autres éléments permettant d’évaluer l’état de choc.

Ainsi, un TRC inférieur à 2 secondes, associé à des muqueuses rose pale, à un pouls régulier bien frappé et d’une fréquence de 40 bpm indique un pronostic favorable.

Au contraire, un TRC supérieur à 4 secondes, des muqueuses gris pales voir cyanosées, un pouls filant et rapide signe un cheval en état de choc.

Le praticien ne doit pas omettre d’explorer l’appareil respiratoire et prendre la température rectale.

 

Le péristaltisme intestinal : Il est évalué au travers de l’auscultation des 4 cadrons abdominaux ; ventral gauche, dorsal gauche, ventral droit et dorsal droit. Cette auscultation permet d’apprécier la motricité respectivement de 2° portion du colon, de l’intestin grêle, 1° portion du colon et du caecum. Une absence de motricité, par exemple, peut être la conséquence d’un arrêt type iléus.

La palpation transrectale : Cet examen ne permet d’explorer que 40 % de la cavité abdominale. Ainsi peuvent être explorer la courbure pelvienne, le caecum, le colon descendant et une partie de l’intestin grêle. Des impactions, des météorisations ou des brides peuvent être palpé et orienter ainsi le praticien vers le siège de la lésion. L’espace nephro-splénique peut être palpé pour confirmer ou infirmer un entrappement. Enfin, chez le male, peuvent être explorés les anneaux inguinaux en cas de suspicion d’une hernie, de même chez la femelle gestante peut être explorer la corne gravide. 

La PTR reste un examen risqué, ainsi le cheval doit être sous contention adaptée

Sondage naso-gastrique : Il a pour but d’explorer la présence d’un reflux gastrique. Si tel est le cas, il permet de décompresser l’estomac et diminuer ainsi la douleur. Il faut noter qu’en cas d’obstruction proximale de l’IG, il peut y avoir un reflux gastrique de 80 litres par jour.

Le sondage naso-gastrique permet également d’administrer des médicaments ou autres produits de traitement. Il est, en général, effectué à la transition entre le diagnostic et le traitement.

Cependant, si l’état du cheval est jugé sérieux, d’autres examens complémentaires vont permettre d’évaluer plus en avant cet état afin notamment de différencier les coliques médicales des coliques chirurgicales et mesurer l’opportunité d’une intervention chirurgicale.

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